Le journal de Lou

Sinusite aiguë

Je suis officiellement malade. Je profite d'un moment de mieux pour me faire un thé (ou plutôt du miel au thé) et écrire un peu. J'ai beaucoup lutté ses derniers jours pour ne pas m'écouter mais je suis vaincue. Je crois qu'inconsciemment je m'oblige à mettre un rendez-vous ou un dossier important par jour dans mon planning de travail pour m'obliger à y aller au moins pour ça même si je ne passe pas de meilleure journée pour autant. Mes misions se résument aux tâches que les autres n'ont pas ou plus envie de faire. A croire que mon poste a été créé rien que pour ça. Et on (...)

Les brouillons ne sont pas visibles aux lecteurs

A l'heure où je relisais mon premier écrit de vendredi, mon frère m'appelait. Dans la journée, il m'avait envoyé un SMS pour me dire que notre mère lui avait trouvé un appartement. Je suis littéralement tombée des nues. Je comprends que son temps de trajet joue un rôle très important dans son organisation d'étudiant. Science de l'ingénieur. Rien que ce titre en jette. Quand mon frère nous avait dit qu'il se lançait dans cette branche, on était tous impressionnés par son ambition. En SI, la charge de travail est juste énorme. Il est bon scientifique mais il ne sait pas du (...)

Le baisemain

Suite à cette journée la soirée était plutôt morose même si c'est toujours un soulagement de passer le seuil de l'appartement et de pouvoir changer de peau. Être soi-même sans avoir à rendre de compte ou maquiller ces sentiments. Je n'ai rien fait de spécial avant d'aller me coucher. Je me suis plongée dans mon livre pour oublier cette journée. Je suis assez déçue des livres dans lesquels j'ai investis depuis quelques mois. Je les trouve insipides, monocordes, plein d'illusions et de moralités. Plein de choses qui n'arrivent jamais ou bien qu'aux autres ou juste dans les (...)

Premières feuilles d'automne

Cette fois-ci, c'est l'automne. J'adore cette transition comme le printemps. Les couleurs de la renaissance et du déclin. Ces saisons sont poétiques. Rimes à part, ma vie semble suivre à peu près les mêmes phénomènes. Avec ces journées et l'humeur qui raccourcissent, ces alternances d'averses et de rayons de soleil. Les nuits fraiches, la gorge qui gratte et le nez qui coule aussi. Ces questions existentielles de mi-saison : ballerines ou bottines ? Si seulement mes angoisses pouvaient se limiter à ce genre de dilemme. Je fais une permanence sur un autre site le jeudi après-midi. (...)

Nouveau collègue

Un nouveau collaborateur a rejoint notre équipe. Nous l'avions déjà rencontré la semaine dernière pour une participation à une formation en interne animée par des avocats. Du juridique en anglais avec nos chefs européens en prime. Je suis toujours impressionnée par l'énergie que ça demande de rester concentrer toute une journée dans une autre langue. Nous n'avons pas vraiment eu l'occasion de passer du temps avec lui ni de faire sa connaissance. Nous savions qu'il commençait aujourd'hui et que nous aurions largement le temps de le "cuisiner". Je ne sais pas si la première (...)

Aux appels manqués

Quand mon téléphone sonne, je regarde l'écran et je me demande si il est bien utile de décrocher. Un nom familier s'affiche et malgré ça je me pose la question : je décroche ou pas ? Qu'est-ce que vous feriez à ma place ? Mon père, mes beaux-pères, mon frère, mon oncle ont mon numéro mais ils ne m'appellent jamais. Au moins ils ne font pas semblant de faire semblant. A la rigueur, un SMS de l'un pour me dire qu'il peut passer chez moi ou de l'autre pour m'autoriser à passer chez lui. Ce n'est jamais une invitation lancée du fond du coeur. C'est plutôt une alerte pour me (...)

Travailler pour s'oublier

Le sentiment d'abandon se creuse et se précise. Je suis à fleur de peau. Je n'avais pas été aussi fragile depuis des mois. J'ai appelé le CMP pour être sûre qu'on ne m'oublierait pas, qu'on ne me laisserait pas faire une rechute. Il me fait peur ce mot. On doit me rappeler "peut-être la semaine prochaine". Sans certitude. Je ne me sens en sécurité qu'à la maison. Si je mettais écoutée, j'y serais restée toute la semaine sans donner signe de vie. Mais je sais qu'être enfermée entre quatre murs avec l'intrusion intempestive d'idées noires ne m'aidera pas. Ca ne m'a jamais (...)

Vide-dressing

Dans la foulée, j'ai pris la décision matinale de faire un grand nettoyage dans mes placards. Il m'arrive de le faire quand je me sens très bien ou très mal. Je suis prise d'une frénésie de me débarrasser d'un maximum de choses inutiles, que je ne porte pas ou plus. Au milieu des vêtements usagés, déformés, troués, dépareillés, certains vêtements achetés sur un coup de tête il y a plusieurs années portent encore leurs étiquettes... Quel gâchis ! D'autres sauront en faire meilleur usage. (...)

La dernière fois

Parce qu'il y a eu la première, il vient d'avoir la dernière fois. Hier soir, c'était la dernière fois que je voyais mon psychologue. Enfin, ce psychologue puisqu'il ne peut plus être le mien et qu'il quitte le CMP pour de nouvelles aventures professionnelles. C'est étrange de se dire que cette personne, cet inconnu, part avec certains de mes souvenirs. J'ai toujours été impressionnée par sa capacité à se rappeler chaque chose. J'aimais cette considération que tout a son importance. La dernière image que je le lui ai laissée n'est pas forcément la plus brillante. D'autant plus (...)

Nouveau JI

Cela faisait quelques mois que je pensais à rouvrir un journal ici mais je n'avais pas vraiment de raison de le faire. Ou plutôt si mais tout cet épanchement, est-ce que ça me ressemblait toujours ? Est-ce que je n'ai pas progressé du tout ? La première fois que j'ai ouvert un journal, cela me permettait surtout de tenir le coup et d'écrire plus vite que sur le papier entre deux rendez-vous avec mon psychologue. L'autre jour, il m'a annoncé qu'il serait muté début septembre. J'ai eu un silence mais il n'y a strictement rien à faire devant un fait accompli. Je pense même que ça (...)