Le journal de Lou

Je vais bientôt revoir la mer

A une semaine d’ici, je serai en vacances chez mes grands-parents. J’ai profité du pont du 1er novembre pour poser quelques jours. Je les ai eus au téléphone dans la semaine pour leur annoncer ma venue. Je ne sais pas pourquoi je m’entête à continuer de penser à eux alors qu’ils ne font rien pour me sentir accueillie et bienvenue.

C’est peut-être moi qui ait un problème. Un problème quand on me traite comme une enfant parce que j’ai choisi de changer d’itinéraire et de prendre le bus au lieu du traditionnel train. Le bus est moitié moins cher en cette période de vacances scolaires et met à peine 30 minutes de plus que le train.

Toutes les fois où je suis allée les voir et qu’ils sont venus me chercher à la gare, je regarde toujours autour de moi et j’envie les retrouvailles des autres. Parfois ça me fait pleurer. Ca court sur le quai, ça lâche les valises pour se jeter dans les bras, ça s’embrasse, ça s’étreint… Et tout au bout du quai, bien à l’écart de la foule, cachés derrière les guichets automatiques : mes grands-parents. Mes grands-parents qui rapetissent un peu plus à chaque fois. Je ne sais pas si c’est la vieillesse ou la distance qu’ils mettent entre eux et moi. Avec le bus, ils vont devoir se trouver une autre planque.

C’est peut-être moi qui ait un problème quand on me fait culpabiliser parce que j’ai choisi d’aller les voir que 5/6 jours sur les 10 que j’ai devant moi. Je passe pour la mauvaise fille égoïste qui ose prendre les 4/5 jours qu’il lui reste pour elle. Enfin presque car j’ai prévu de passer mon scanner pour mes sinus et me faire une sortie avec mon frère pendant ces derniers jours de vacances. Je pensais être juste en partageant mon temps équitablement mais tout ce que je peux faire ne sera jamais suffisant. Ca finira bien par rentrer un jour !

Je vais quand même prendre du temps pour moi. J’ai décidé de ne plus aller au CMP, de reprendre ma vie en mains sans parachute. Je vais commencer mes vacances avec une heure de conduite. J’ai finalement pris mon courage à deux mains pour tenter la dernière chance. J’ai terriblement peur mais je le regretterai pour toujours si je ne fais rien.

La lumière d’octobre est toujours la plus belle de l’année. C’est aussi celle que je redoute le plus… Cette année, mon coeur est encore en jeu. Depuis plusieurs années, elle est associée à la perte symbolique ou réelle de quelque chose ou quelqu’un… Mon premier job, 31 octobre 2011… Le 27 octobre 2012, ma cousine, ma Nana, le membre de ma famille qui m’aimait d’amour en dépit de tout, de ce que j’étais incapable de lui rendre, de sa douleur et de la distance est partie comme un ange… Le 31 octobre 2016, j’ai regardé ma chienne, ma meilleure amie s’éteindre… Il m’arrive encore de regarder si elle n’est pas derrière moi quand je recule une chaise ou d’attendre le bruit de ses petites griffes dans le couloir. Quand je vois le ciel des soirs d’octobre, elles ne sont jamais loin. Belles.