Le journal de Lou http://lou.journalintime.com/ fr 2017-11-19T17:33:00+01:00 http://lou.journalintime.com/Douces-persecutions Douces persécutions Ce matin, pendant un exercice, la monitrice est venue me saluer et m'a demandé : "comment ça va ?" Je lui ai répondu que tout allait bien avec un grand sourire. Mais je n'ai pas dû être assez convaincante ou ma réponse ne lui convenait pas car elle m'a dit "oh on va dire que c'est dimanche hein...". Heu...? Je viens de te dire que tout va bien. Qu'est-ce que tu n'as pas compris ? Un peu plus tard, elle m'a interpellé en me demandant pourquoi je ne la sollicitais pas davantage pour lui parler de mes objectifs sportifs car elle avait suivi une fille "comme moi" pendant 8 mois et qu'au Ce matin, pendant un exercice, la monitrice est venue me saluer et m’a demandé : "comment ça va ?" Je lui ai répondu que tout allait bien avec un grand sourire. Mais je n’ai pas dû être assez convaincante ou ma réponse ne lui convenait pas car elle m’a dit "oh on va dire que c’est dimanche hein...". Heu... ? Je viens de te dire que tout va bien. Qu’est-ce que tu n’as pas compris ?

Un peu plus tard, elle m’a interpellé en me demandant pourquoi je ne la sollicitais pas davantage pour lui parler de mes objectifs sportifs car elle avait suivi une fille "comme moi" pendant 8 mois et qu’au moment de la présenter pour son examen, elle avait perdu 20 kilos… Autant dire que je ne comprenais même pas de quoi elle me parlait, bien que j’avais une vague idée d’où elle voulait en venir.

Le seul objectif que je me suis fixée est de venir faire du sport le plus régulièrement possible pour mon bien être physique et mental. Faire du sport m’aide aussi à évacuer mon anxiété et mon stress. Rien de plus. Et ça fait presque un an que je reste motivée ! Je n’ai pas besoin de me fixer je ne sais quel challenge pour rentrer dans des normes d’apparences approuvées par la société.

C’est comme cette immense et stupide prise de tête au travail à cause de mes photos sur des présentations dont je me fiche éperdument. Il parait que c’est en voyant cette photo sur mon CV que ma chef a souhaité me rencontrer alors je ne comprends pas ce revirement. Je ne sais pas si c’est le format ou juste parce qu’elle me trouve moche dessus mais elle n’arrête pas de me relancer sur le fait qu’il faut que je la change sur l’équivalent de nos trombinoscopes (donc qui restent en interne).

Je n’ai pas besoin qu’on ait honte pour moi et je ne pense pas être qu’une photo. Pourquoi est-ce qu’on m’ennuie pour ce genre de choses alors que certains ont mis le logo de leur club de foot préféré ou s’affichent avec des filtres oreilles de lapin, en maillot de bain, déguisé ou encore avec 25 ans de moins ? On ne leur dit rien évidemment à eux…

L’entêtement maladif des gens qui veulent absolument et uniquement entendre ce qu’ils veulent quand la vérité - claire et simple - ne leur convient pas me dépasse.

]]>
2017-11-19T17:33:00+01:00
http://lou.journalintime.com/Des-idees-bien-integrees Des idées bien intégrées Je ne me sens pas très bien. Pas de vague à l'âme mais une drôle de fatigue intérieure. J'ai passé la journée en compagnie d'une collègue avec qui la communication passe par taquineries et moqueries en tout genre. Je n'ai pas l'habitude et j'ai l'impression d'avoir joué un rôle pour suivre le rythme. Rire quand il fallait rire, parler quand il fallait parler. C'est ça, être "bien intégrée". Je vais essayer de me retrouver ce soir et ce week-end. Ca faisait longtemps que je n'avais pas eu envie de solitude. La semaine a commencé difficilement avec de gros problèmes de Je ne me sens pas très bien. Pas de vague à l’âme mais une drôle de fatigue intérieure. J’ai passé la journée en compagnie d’une collègue avec qui la communication passe par taquineries et moqueries en tout genre. Je n’ai pas l’habitude et j’ai l’impression d’avoir joué un rôle pour suivre le rythme. Rire quand il fallait rire, parler quand il fallait parler. C’est ça, être "bien intégrée". Je vais essayer de me retrouver ce soir et ce week-end. Ca faisait longtemps que je n’avais pas eu envie de solitude.

La semaine a commencé difficilement avec de gros problèmes de transports en commun. Avec l’autorisation de ma chef, je suis rentrée pour faire du travail à distance. Ce que mes autres collègues recherchent par dessus tout - travailler de chez soi - je me suis rendue compte ce n’était pas trop mon truc. Je n’aime pas prendre les transports en commun mais avoir mon bureau, mon téléphone ou juste avoir du monde autour de moi m’a beaucoup manqué. Le travail a une identité à travers certains bruits et un environnement que je n’arrive pas à confondre avec mon appartement. C’était juste illogique et je me sentais isolée. Si je n’avais pas mon lieu de travail, je n’apprécierais pas autant rentrer chez moi le soir.

Sinon, en dehors d’une tension grandissante de la part de ma collègue la plus proche et un agacement qui se généralise dans l’équipe pour le "nouveau collègue", j’arrive à bien remplir et gérer mes journées. Par rapport au début où j’avais peur de me mettre mes collègues à dos en me protégeant de lui, je suis très rassurée de voir que mes doutes sont confirmés et partagés même par les plus autruches d’entre elles. J’essaie aussi de prendre du recul car nous allons devoir faire avec malgré tout et tenir sur la longueur. Je sais que l’une d’entre nous envisage d’aller vers d’autres horizons… Je vais attendre de voir ce que ça donne pour ma part.

J’ai eu l’occasion aussi d’avoir des nouvelles de Lid. Elle me fait penser à ma mère, à ne parler que d’elle sans s’occuper un instant de moi. C’est sa façon à elle de m’utiliser comme on utiliserait un mouchoir.

Elle m’a parlé de son petit ami, des choses stupides qu’elle pense et fait sous prétexte "d’aimer le danger". Elle me l’a présenté comme son double fusionnel. Tout, absolument tout - de son prénom à sa date de naissance "coïncident" avec ses attentes. Je crois qu’elle est tellement contente d’avoir cette attention qu’elle fait exactement ce qu’elle a toujours détesté qu’on lui fasse : essayer de me rendre jalouse avec quelque chose que je devrais lui envier. Si elle savait comme elle fait fausse route : rien de ce qu’elle traverse ne me donne le goût de vivre un équivalent. Lorsque tout ira mieux entre eux, elle n’aura plus besoin de moi. Jusqu’à sa prochaine connerie.

Je me rappelle de la dernière fois qu’elle est venue à la maison. Sa dernière visite me revient parce qu’elle s’est permise de me juger sous mon toit et je n’arrête pas de me dire que j’aurais dû la remettre à sa place ou, plus radicalement, la mettre à la porte. Au moins, cette rencontre m’a permis de réaliser que je n’avais plus rien à voir ni à faire avec elle et que je ne serai probablement plus jamais son amie. Je n’ai pas besoin d’adhérer à son club.

Parce que si elle se vante de ses nouvelles expériences, elle se permet de se moquer de moi. Moi qui préfère croire en la vie et laisser le temps au temps plutôt que de chercher à constamment provoquer le destin. "Parce que tu crois que tu vas rencontrer quelqu’un en te promenant au parc ?", qu’elle m’avait dit en ricanant. Je suis probablement la seule à penser que c’est toujours mieux que de choisir quelqu’un sur un site de rencontres parce qu’il est du même signe astrologique (mais j’espère me tromper). Elle qui se disait mon amie a finalement rejoint la joyeuse bande des gens qui ne croient pas en moi ni en ce(ux) qui m’intéresse(nt). Si j’ai des attentes, quand bien même elles ne ressemblent pas à ce qu’on veut de moi, elles ont vraiment été revues depuis très longtemps. Mon entourage est tellement rabaissant et malveillant que je dois essayer de les garder pour moi.

Pour le moment, je ne demande rien. Je n’ai même pas envie de demander quelque chose si ce n’est de continuer à avoir ces petits moments où je me sens bien ou mieux, où j’apprécie ce que j’ai.

Avant-hier, j’ai reçu une réponse de Fr&d. Presque deux semaines pour répondre ! J’avais effacé son message. Si j’étais étonnée de voir qu’il a finalement répondu je n’ai pas eu de contre-coup comme la dernière fois. Pas de colère ni d’euphorie. J’ai pris le parti d’attendre pour lui répondre. Parce qu’il me pose des questions en retour. Je ne sais pas si ça l’intéresse ou si c’est de la politesse ennuyée. Ca serait tellement plus simple qu’il ne me réponde pas ou que par des phrases fermées. C’est tellement bizarre. Je suis incapable de comprendre ce qu’il veut sincèrement. Et je me sens tellement idiote.

Est-ce qu’il existe quelqu’un ou quelque chose qui m’épargnerait ce sentiment rien qu’une fois sincère dans ma vie ?

]]>
2017-11-17T20:00:29+01:00
http://lou.journalintime.com/Relationnel-en-carton Relationnel en carton Je crois que pour m'aider à tenir le coup et à garder le moral il faut aussi que je continue à écrire ce qui ne va pas. Je vais mieux, c'est vrai. Je suis fière d'arriver à garder la tête hors de l'eau pendant plusieurs semaines. J'apprends à relativiser mais j'aurais du mal à tenir ce cap si je ne m'avoue pas qu'il subsiste encore des contrariétés. Il y a des moments où j'aimerais avoir un numéro de téléphone spécial qui ferait office de soutien psychologique et qui m'aiderait à passer à autre chose plus rapidement. Est-ce bien utile de parler de Fr&d ? Cela fait plus Je crois que pour m’aider à tenir le coup et à garder le moral il faut aussi que je continue à écrire ce qui ne va pas. Je vais mieux, c’est vrai. Je suis fière d’arriver à garder la tête hors de l’eau pendant plusieurs semaines. J’apprends à relativiser mais j’aurais du mal à tenir ce cap si je ne m’avoue pas qu’il subsiste encore des contrariétés. Il y a des moments où j’aimerais avoir un numéro de téléphone spécial qui ferait office de soutien psychologique et qui m’aiderait à passer à autre chose plus rapidement.

Est-ce bien utile de parler de Fr&d ? Cela fait plus d’une semaine que j’ai répondu à son message et qu’il ne m’a pas répondu. Je ne suis plus fâchée mais je me demande simplement si il ose répondre après tout ce temps, est-ce que ça serait trop de ma part de lui dire ce que je pense de cette façon de faire, de me traiter ? C’est ça ou l’ignorer à mon tour. Cette fois-ci je sais que j’ai la force de ne pas donner suite. Pas pour lui rendre la pareille, juste pour être en accord avec moi-même. Pourquoi devrais-je accorder du temps et donner du pouvoir à une personne qui ne me respecte pas ?

C’est comme ma collègue qui m’a demandé indirectement si je lui faisais confiance. Il est vrai que je m’entends très bien avec elle et que nous avons des points communs et une complicité que je n’ai pas avec les autres (même si on reste tous très cordiaux entre nous). Je n’ai pas osé répondre car en me posant la question, je me suis rappelée de toutes les fois où elle m’a déçu. Je n’y pense plus parce que je suis passée à autre chose mais je ne suis pas certaine de pouvoir affirmer que je lui fais entièrement confiance car elle ne s’est pas toujours montrée fiable. Et puis mon historique professionnel m’a laissé un goût amer sur la confiance presque aveugle que j’ai pu accorder à une collègue très proche qui m’a odieusement trahie. Depuis je suis méfiante…

J’ai déjeuné avec ma mère cette semaine. Depuis ses petits soucis de santé, elle est encore plus centrée sur elle-même qu’avant. J’ai découvert un super endroit pour manger et je lui ai proposé qu’on s’y rejoigne pour changer de nos habitudes. Elle n’a pas du tout pris de mes nouvelles, je l’ai juste écouté. Elle m’a parlé des examens qu’elle avait passé. Le coeur est sauf mais elle souffre d’hypertension et d’insuffisance rénale. Il faut dire que depuis qu’elle s’est remariée, elle vit dans l’excès. Ca va des repas gastronomiques dans de grands restaurants au petit verre d’alcool accompagné de charcuteries tous les soirs… Elle a aussi pris beaucoup de poids depuis qu’elle a arrêté le sport. Son organisme ne doit pas comprendre ce qu’il se passe.

Elle essayait de me faire comprendre à quel point cela avait relevé d’un effort exceptionnel de ne pas avoir bu depuis 10 jours. Je me demande si elle ne force pas aussi le trait car elle ne cache plus sa démotivation à aller travailler. Elle se fait arrêter régulièrement et maintenant elle va jusqu’à traverser toute la région pour se faire prolonger. Ca me fait sourire jaune parce qu’elle critique toujours beaucoup ses autres collègues lorsqu’ils font pareils. Aux dernières nouvelles, elle est dans la démarche de se faire dispenser d’appels téléphoniques auprès de la médecine du travail - ce qui s’avère être plus compliqué que prévu.

Au moment de nous quitter, nous devions prendre le même métro. Elle avait seulement deux arrêts à faire et j’en avais davantage vers une direction spécifique. Au lieu d’attendre avec moi les trois minutes qui me séparaient de mon train pour faire ses deux arrêts ensemble, elle est tout de suite montée dans le premier métro qui passait. Elle m’a planté sur le quai après m’avoir dit : "Si j’avais su jouer de la guitare, je n’aurais jamais fait d’études." Je me suis sentie rejetée, abandonnée. Deux arrêts, c’est pourtant si peu… Je crois qu’elle ne s’est pas rendue compte de ce qu’elle disait.

Mon frère aura bientôt 21 ans. Je me rends compte que je vieillis à travers lui. Mon anniversaire ne me fait rien. C’est comme les enfants qu’on n’a pas vu depuis longtemps. On s’aperçoit qu’ils ont appris à marcher, à parler, à lire… Que le temps a continué à défiler sans nous attendre.

Il a une petite amie depuis quelques mois. Je ne sais pas si c’est sérieux et je ne lui force jamais la main pour m’en parler. C’est sa vie privée. Je sais qu’il met un point d’honneur à la réalisation de ses études en priorité. Je n’ai pas encore eu l’occasion de rencontrer sa copine mais je sais que notre mère en fait une affaire d’état. C’est la première fois qu’un de ces enfants a quelqu’un dans sa vie… Parfois on pense que les événements de la vie arrivent dans un ordre qui nous parait normal et logique mais il n’en est rien. Je pensais avoir aimé avant mon petit frère.

J’ai appris par mes grands-parents que mon père avait des soucis à son travail. Il aurait été "remercié" de son ancien service et déplacé vers un autre encore plus précaire. Les missions ne sont pas tout à fait les mêmes et il ne se sent pas très bien. Du coup, il s’est mis en relation avec sa DRH afin de présenter son CV pour un autre poste. Je savais qu’il refuserait mais je pensais qu’avec mon "nouveau" métier, il serait d’autant plus légitime de lui proposer d’y jeter un oeil et de l’aider à se vendre. C’était stupide de ma part. Parce qu’il refuse toujours tout ce qui vient de moi.

]]>
2017-11-12T19:29:00+01:00
http://lou.journalintime.com/Back-on-business Back on business Semaine de reprise. J'essaie de garder ma positivité et de la renouveler chaque matin. Hier est passé, aujourd'hui est un nouveau jour. Qui sait ce qu'il peut se passer ? ce qui peut arriver ? Ca ne m'empêche pas d'attendre et d'apprécier l'heure de partir et de rentrer à la maison... et de penser aux prochains congés déjà ! Pendant mes derniers jours de vacances, j'ai manqué de faire une folie de taille. J'essaie de m'inspirer de noms de destinations et d'activités sur des sites spécialisés dans les voyages sur-mesure. J'ai eu un vrai coup de coeur pour l'une d'entre elles. Semaine de reprise. J’essaie de garder ma positivité et de la renouveler chaque matin. Hier est passé, aujourd’hui est un nouveau jour. Qui sait ce qu’il peut se passer ? ce qui peut arriver ? Ca ne m’empêche pas d’attendre et d’apprécier l’heure de partir et de rentrer à la maison… et de penser aux prochains congés déjà !

Pendant mes derniers jours de vacances, j’ai manqué de faire une folie de taille. J’essaie de m’inspirer de noms de destinations et d’activités sur des sites spécialisés dans les voyages sur-mesure. J’ai eu un vrai coup de coeur pour l’une d’entre elles. C’était un mélange aventure et sport au Canada, un rêve d’une semaine. Je me suis rapprochée de l’agence qui l’organisait et j’aurais signé si il restait une petite place pour les dates qui m’auraient intéressées. Mais c’est une super idée pour plus tard donc je la garde bien au chaud.

Je dois être une des créatures les plus faibles sur Terre. Je n’ai pas réussi à tenir le délai d’une semaine que je m’étais fixée pour répondre au dernier message de Fr&d. Je lui ai répondu dès le lendemain. Quelle conne ! Je ne sais pas pour qui il me prend ni pour qui il se prend mais son délai de réponse, même en finissant avec une invitation à poursuivre la conversation, a quelque chose d’irrespectueux. Il doit être flatté de ma démarche et doit penser que je suis une sorte de groupie à laquelle il n’est plus lucratif de parler. Loin, très loin, à des années lumières de la complicité de l’homme qui loge dans mes souvenirs…

]]>
2017-11-08T19:27:58+01:00
http://lou.journalintime.com/Appartanniversaire Appartanniversaire Il y a 3 ans jour pour jour je visitais cet appartement. Cette date restera gravée dans ma mémoire car elle a été le début de l'indépendance et la préparation à la liberté. C'était une journée bien remplie. J'avais pris mon après-midi pour deux rendez-vous importants. J'ai sauté dans la voiture de mes grands-parents qui m'attendaient à la gare. Des retrouvailles express. Ils avaient fait exceptionnellement le déplacement pour m'accompagner dans cette grande inconnue qu'était la visite de mon premier appartement. Ils étaient les seuls au courant et j'avais besoin d'eux tant Il y a 3 ans jour pour jour je visitais cet appartement. Cette date restera gravée dans ma mémoire car elle a été le début de l’indépendance et la préparation à la liberté. C’était une journée bien remplie. J’avais pris mon après-midi pour deux rendez-vous importants.

J’ai sauté dans la voiture de mes grands-parents qui m’attendaient à la gare. Des retrouvailles express. Ils avaient fait exceptionnellement le déplacement pour m’accompagner dans cette grande inconnue qu’était la visite de mon premier appartement. Ils étaient les seuls au courant et j’avais besoin d’eux tant pour partager cet évènement avec quelqu’un de proche que pour me fier à leur expertise. Mon papi a littéralement fait sa maison et sait où il faut penser à regarder.

On avait repéré l’immeuble sur Google Maps et nous avons pique-niqué sur le pouce dans la voiture en attendant l’heure du rendez-vous. Ca me rappelait le pique-nique qu’on avait fait à Caen quand mon père partageait mes périodes de vacances scolaires. Il y avait une sorte de brume humide qui mouillait les vitres sans être de la pluie. Je sais maintenant qu’elle a également la particularité de coller aux cheveux…

Je me rappelle de mes premières impressions. Le bâtiment est un des plus anciens du parc HLM de la ville. La serrure de ma boite aux lettres est tordue. Les escaliers craquent de façon peu rassurante. Le studio est en étage et il était tapissé d’une moquette bleue foncée. Heureusement qu’avec les travaux d’aménagement, ils ont changé ce nid à microbes et j’ai rajouté des rallonges de sol après mon installation. Au premier coup d’oeil, j’avais déjà délimité le côté chambre de l’espace à vivre. J’ai eu plus de mal avec la cuisine et la salle de bain qui n’ont jamais été mes pièces de prédilection mais j’arrivais à me projeter. Le balcon a été une bonne surprise et comme mes grand-parents le disent à chaque fois qu’ils viennent : la luminosité naturelle est parfaite.

J’ai adoré acheter mes meubles et prendre possession des lieux (même si les premiers jours ont été une transition très étrange). Je dois encore donner une vraie identité à ma cuisine et à ma salle de bains. J’ai tout plein d’idées mais comme ce sont des pièces assez petites il faut être pragmatique. Et la plupart de mes idées ne le sont pas pour le moment.

Mes grands-parents étaient là aussi pour la signature du bail. A cette époque, je commençais à postuler pour changer de travail et ils m’avaient récupéré juste après un entretien. Je n’ai pas eu le job mais j’ai eu l’appartement ! Ils ont été les premiers au courant quand j’ai reçu le courrier officiel du bailleur et ils m’ont ensuite beaucoup aidé à m’installer. Je suis très reconnaissante d’habiter un environnement où je me sens chez moi. Leur aide y est pour quelque chose.

Je leur ai d’ailleurs envoyé un message ce matin. Un clin d’oeil à une de mes petites vidéos sur Instagram où une perruche s’est posée sur mon balcon. Ce matin il y en avait une demie-douzaine dans un pommier juste en face de l’hôpital où j’ai passé mon scanner. Côté santé : tout va bien ! Aucun signe de sinusite chronique. C’est tout propre !

J’ai aussi eu une surprise à laquelle je pourrais consacrer tout un billet mais j’en ai décidé autrement pour le moment. Alors que je faisais très soigneusement le deuil de cette relation manquée, j’ai reçu un nouveau message de Fr&d ce matin. Je ne m’y attendais pas DU TOUT et ça vient un peu chambouler mon programme. Je l’ai relu plusieurs fois pour ne pas me méprendre et j’y répondrai sans doute lorsque l’incompréhension du délai de réponse sera passée…

Notre premier et dernier échange remonte à quasiment une semaine. Mon dernier SMS "fermait" la conversation sur une note positive. Une réponse m’aurait fait plaisir mais elle n’était absolument pas motivée ou sollicitée. Aujourd’hui, il la reprend très simplement là où elle s’est arrêtée et s’achève par une question. Je suppose qu’une question invite à une réponse... ? Oui... ? Non... ? J’opterais pour oui mais pas tout de suite... ? Au moins pour le copier dans le délai. Comment fait-on dans ces cas-là ? Je suis perdue !

]]>
2017-11-03T19:30:35+01:00
http://lou.journalintime.com/De-retour-a-la-maison De retour à la maison Je suis rentrée à la maison. Mes grands-parents ont eu la gentillesse de me reconduire en faisant l'aller-retour dans la journée. Nous avons déjeuné ensemble et ils ont repris la route... Je ne sais pas si ils ont vraiment apprécié ma présence auprès d'eux. Il faut dire que le relais est plutôt bien suivi depuis le mois d'août : mon oncle, mon père et maintenant moi... Ils ont peut-être aussi envie d'être un peu tranquilles. Mais nous nous reverrons bientôt pour les fêtes de fin d'année. Période que je redoute grandement. Je n'ai pas été très bavarde pendant mon séjour. Je suis rentrée à la maison. Mes grands-parents ont eu la gentillesse de me reconduire en faisant l’aller-retour dans la journée. Nous avons déjeuné ensemble et ils ont repris la route… Je ne sais pas si ils ont vraiment apprécié ma présence auprès d’eux. Il faut dire que le relais est plutôt bien suivi depuis le mois d’août : mon oncle, mon père et maintenant moi… Ils ont peut-être aussi envie d’être un peu tranquilles. Mais nous nous reverrons bientôt pour les fêtes de fin d’année. Période que je redoute grandement.

Je n’ai pas été très bavarde pendant mon séjour. Ils m’ont parfois reproché d’être silencieuse et même de ne pas sourire. J’ai réalisé que j’ai totalement perdu l’habitude de vivre avec d’autres personnes. J’avais oublié qu’il fallait faire du bruit, dire un mot, toussoter, marquer son visage d’une expression correctement publique pour se manifester ou lancer une éventuelle conversation. Depuis que je vis seule, je n’ai plus à me donner tout ce mal. Je n’obéis plus qu’à mes propres règles.

J’ai pris quelques nouvelles de ma mère. Au moment où je montais dans le bus vendredi, elle m’annonçait qu’elle avait passé la soirée et une partie de la nuit aux urgences. Je lui ai passé un de ces savons ! Elle qui nous étouffe d’égocentrisme et de chantage affectif quand elle se casse un ongle a estimé qu’il n’était pas nécessaire de nous prévenir pour les choses graves. Je dirais qu’elle a fait une sorte de crise d’angoisse. "Comme moi" selon elle… Elle ne sait absolument pas de quoi elle parle ! Ils lui ont prescrit des examens complémentaires car ils n’ont rien diagnostiqué en l’examinant. Pour le moment, elle a bien récupéré (enfin je suppose puisqu’elle a repris ses plaintes) et se repose.

Donc de retour chez moi, je retrouve ce que j’y ai laissé… J’avoue couvrir une sorte de contre-coup au SMS de Fr&d mais ça se calme peu à peu. Mon esprit arrive de plus en plus à s’en détacher. Preuve que je gagne en force et en résistance. Ou alors est-ce moi qui arrive à me convaincre que tout ira mieux très vite... ?

Dans la foulée, mon amie d’enfance An@ m’a invité à sa pendaison de crémaillère à la fin du mois. J’ai très peur d’y aller mais je me suis dit qu’un peu de sociabilité ne me ferait pas de mal. Peut-être même que ça lui fera plaisir que je fasse l’effort de venir. Je me force à y aller, c’est vrai. Je n’ai pas envie de me retrouver au milieu d’inconnus qui fêteront gaiement le nouveau succès de la vie fantastique d’An@.

Nous nous étions perdues de vue et retrouvées l’année dernière. On se connait depuis la maternelle et aussi loin que je me souvienne elle a toujours été mon modèle. Parce que sa vie ressemble à un lissage brésilien et s’inspire de la perfection depuis qu’elle est petite. Il m’arrive encore de comparer ma vie à la sienne. Je sais que j’ai tort. Tout simplement parce que nous ne sommes pas parties dans la vie avec la même histoire ni la même égalité de chances. Je suppose qu’il y a du naturel de voir ce que les autres, au même âge, ont fait de leur vie. Et comme d’habitude, An@ me dépasse en tous points. Sans le vouloir, elle renforce mes insécurités.

La date de cette crémaillère est tout de même judicieusement mal placée : elle tombe pile entre le premier anniversaire de sa petite fille et son anniversaire. Je dois me lancer à la recherche de cadeaux qui sauront plaire sachant que je n’ai pas la moindre idée de la façon dont elle compte aménager son nouvel appartement ni ce qu’elle possède déjà. Est-ce qu’il y a un dress code pour ce genre de sauterie ? Je suis tellement à côté de la plaque !

"L’amie effilochée" (que j’appellerai Lid à partir de maintenant) m’a également proposé que l’on se voit cette semaine. Depuis la dernière fois, elle a de nouveau dû se rendre à l’hôpital. Elle a saigné abondamment pendant deux semaines avant de se décider à consulter. Mais en prenant le temps d’envoyer les messages associés à ce nouvel épisode tout de même. Tous étaient tournés comme si je lui devais d’être mêlée à sa déchéance. Pourquoi avoir attendu tout ce temps, ne pas avoir appelé les pompiers plutôt qu’une copine véhiculée, et juste s’être nourrie normalement ?

Je me demande quand est-ce qu’elle comprendra qu’elle seule peut se gérer et s’assumer. Je n’ai pas répondu tout de suite. D’abord parce que j’attends que mon frère me dise ses disponibilités (car il sera toujours prioritaire) ; ensuite parce que je ne suis pas certaine d’avoir envie de la revoir. Je ne souhaite pas qu’elle franchisse à nouveau le seuil de ma porte. Je crois que je n’ai plus du tout confiance en elle.

]]>
2017-11-01T20:47:00+01:00
http://lou.journalintime.com/Arrivee-a-bon-port Arrivée à bon port J'ai enfin revu la mer. Je l'ai même revu deux fois depuis hier. Hier. On en parle ? Comme promis, ma journée a commencé par une heure de conduite. Si je remonte mes écrits, je pourrais retrouver la date à laquelle j'ai décidé d'agir et de provoquer le destin. Donc rendez-vous à l'aube pour une petite balade en quatre roues et un double défi. D'une part, je n'ai pas eu l'occasion de conduire depuis des mois et j'avais besoin de me remettre à niveau avant de tout oublier. Je pense que je n'ai pas trop perdu de mes réflexes sécurité de jeune conductrice mais il faudrait que je J’ai enfin revu la mer. Je l’ai même revu deux fois depuis hier. Hier. On en parle ?

Comme promis, ma journée a commencé par une heure de conduite. Si je remonte mes écrits, je pourrais retrouver la date à laquelle j’ai décidé d’agir et de provoquer le destin.

Donc rendez-vous à l’aube pour une petite balade en quatre roues et un double défi. D’une part, je n’ai pas eu l’occasion de conduire depuis des mois et j’avais besoin de me remettre à niveau avant de tout oublier. Je pense que je n’ai pas trop perdu de mes réflexes sécurité de jeune conductrice mais il faudrait que je m’exerce à nouveau sur voie rapide car mon insertion était franchement chevaleresque : "c’est ma route, poussez-vous, j’arrive !". C’était moi et je suis vraiment désolée si vous avez croisé mon chemin.

L’idée était aussi de reprendre contact avec Fr&d. Je ne suis pas passée par quatre chemins : j’ai demandé son numéro à mon moniteur, Wi£, avec qui je me suis toujours très bien entendue. Je savais que ma requête le mettrait dans une position délicate et j’ai beaucoup travaillé pour résister au sentiment de culpabilité qui suivrait. Son malaise faisait partie de mon plan. Je m’étonne moi-même : j’ai fait un plan. Pauvre fille ! Et pauvre Wi£ ! Ça ne me ressemble tellement pas de passer par un intermédiaire. Je m’en veux de l’avoir impliqué et "manipulé" pour arriver à mes fins. Car je suis arrivée à mes fins. Depuis je suis fixée sur plusieurs points.

Tout d’abord, l’emprise exercée par S@r@h m’a été confirmée voire étendue. Wi£ partageait à haute voir le dilemme dans lequel je l’avais poussé : est-ce qu’il devait directement demander à Fr&d la permission ? ou est-ce qu’il devait d’abord demander l’autorisation à S@r@h ? Il a choisi cette deuxième option qu’elle m’a gracieusement accordé. J’espère que Wi£ n’aura pas à le payer…

Je l’ai remercié et je suis partie en vacances, le numéro de téléphone tant convoité soigneusement sauvegardé dans mon répertoire. J’ai peine à croire de l’audace qu’il m’a fallu pour passer à l’action et encore plus qu’il m’ait fallu plus de 24 heures avant d’écrire un SMS. Parce que c’était bien le but, n’est-ce pas ?

J’en n’étais plus si sûre. J’étais là, heureuse d’être dans ce bus, d’avoir tenu bon dans ma détermination à garder cette personne qui a eu tant d’influence positive dans ma vie… Alors quoi ?

Parce que cela fait des semaines que j’apprends à me trouver, que je me sens avancée tout doucement (mais vraiment en slow motion), que je fais une sorte de bilan et que je commence à prendre goût à cette découverte… Pourquoi devrais-je mettre tout ça en péril ? Est-ce que quelqu’un en vaut la peine ? Est-ce simplement bon pour moi ?

Je pense sincèrement qu’à ce moment précis de ma vie, il m’a aidé à prendre conscience d’un millier de choses que j’ignorais de moi-même. Je lui en serai éternellement reconnaissante. J’ai réagi très fort à cette attention soudaine, imprévue et totalement nouvelle. J’ai beaucoup essayé de deviner ce que ça voulait dire pour moi et pour lui. Je me suis créée parfois des noeuds et des sous-titres à essayer de comprendre avant de finalement et tardivement décider de laisser le temps faire ou défaire… Depuis le début, aussi sûr qu’il était écrit, je savais qu’on ne pourrait pas m’aimer. Comme je ne peux pas aimer. Il semblerait que je ne sois pas faite pour ça.

Je lui ai finalement envoyé un SMS ce matin. Je ne sais pas si j’en avais vraiment envie ou si c’était simplement pour aller jusqu’au bout, refermer la boucle et, dans cet absolu, ne pas avoir de regret. Il m’a répondu. Mon coeur a fait un petit bond et s’est reposé aussitôt alors qu’il aurait dû exploser si c’était ce que j’ai cru être le début de l’amour. Je me suis déçue puis apaisée.

Je sais à présent qu’il a bien eu mon message en juin. Je suis rassurée qu’il ne soit pas tombé entre de mauvaises mains. Je pense avoir compris à travers sa réponse qu’il n’avait pas forcément imaginé rester en contact avec moi même si ça ne le dérange pas - ce que je comprends et accepte. Je n’insisterai pas. Peut-être un message pour les fêtes de fin d’année et encore… Je verrai bien.

En vérité, je suis contente d’avoir pu lui écrire personnellement et lui souhaiter qu’il aille bien dans sa nouvelle vie. Il sait qu’il peut toujours m’écrire. J’espère qu’il sait qu’il peut compter sur moi. Et je sais que je ne regrette rien.

]]>
2017-10-28T20:57:00+02:00
http://lou.journalintime.com/Je-suis-en-vacances Je suis en vacances Il fallait l'écrire ! La valise est encore ouverte et elle le restera probablement jusqu'à la dernière minute mais je.suis.en.vacances ! J'ai une semaine devant moi pour me reposer et récupérer de toute la fatigue et le stress des derniers mois. Ma cure de vitamines me fait déjà énormément de bien. Cette semaine de travail aura été marquée par mon évaluation de milieu d'année. C'est probablement la première fois depuis que je suis dans la vie active que j'arrive à rester 100% naturelle face à ma supérieure hiérarchique. Je me suis exprimée sans angoisse et sans avoir à Il fallait l’écrire ! La valise est encore ouverte et elle le restera probablement jusqu’à la dernière minute mais je.suis.en.vacances ! J’ai une semaine devant moi pour me reposer et récupérer de toute la fatigue et le stress des derniers mois. Ma cure de vitamines me fait déjà énormément de bien.

Cette semaine de travail aura été marquée par mon évaluation de milieu d’année. C’est probablement la première fois depuis que je suis dans la vie active que j’arrive à rester 100% naturelle face à ma supérieure hiérarchique. Je me suis exprimée sans angoisse et sans avoir à m’effacer face à l’assurance de l’autre. Il y a ces choses que j’aime, celles que j’aime moins, celles qui me contrarient et celles qui ne m’intéressent pas. Pour la première fois de ma vie, c’était simple.

Je me suis rendue compte de mes progrès et je suis satisfaite des résultats que j’ai pu atteindre. Pas parce qu’ils sont formidables ou que j’ai été reconnue dans mon implication mais parce que je sais que je me suis dépassée en comparaison à l’année dernière. Ce n’est pas que professionnel. J’ai eu l’impression d’arriver à mieux "sentir" ce que je veux, ce que je souhaite pour ma vie, là où j’aimerais m’emmener. Et je sais que j’ai du temps pour y réfléchir et la patience pour y arriver.

Ce départ en congés, c’est aussi une mini-projection vers l’année prochaine. Quand sonnera l’évaluation de fin d’année fiscale, cette manager prendra progressivement sa retraite. Elle sera remplacée par un inconnu qui prendra son bureau, sa place… C’est étrange. Il y a des gens qu’on croit intouchables et éternels. Un peu comme un parent. Pour moi, elle resterait toujours. De toutes les entreprises que j’ai traversée, c’est la seule personne qui m’a vraiment laissée ma chance et qui m’a toujours bien traitée. Je ne sais pas si je serais restée autrement. Ni si je resterai après.

]]>
2017-10-26T20:27:00+02:00
http://lou.journalintime.com/Je-vais-bientot-revoir-la-mer Je vais bientôt revoir la mer A une semaine d'ici, je serai en vacances chez mes grands-parents. J'ai profité du pont du 1er novembre pour poser quelques jours. Je les ai eus au téléphone dans la semaine pour leur annoncer ma venue. Je ne sais pas pourquoi je m'entête à continuer de penser à eux alors qu'ils ne font rien pour me sentir accueillie et bienvenue. C'est peut-être moi qui ait un problème. Un problème quand on me traite comme une enfant parce que j'ai choisi de changer d'itinéraire et de prendre le bus au lieu du traditionnel train. Le bus est moitié moins cher en cette période de vacances A une semaine d’ici, je serai en vacances chez mes grands-parents. J’ai profité du pont du 1er novembre pour poser quelques jours. Je les ai eus au téléphone dans la semaine pour leur annoncer ma venue. Je ne sais pas pourquoi je m’entête à continuer de penser à eux alors qu’ils ne font rien pour me sentir accueillie et bienvenue.

C’est peut-être moi qui ait un problème. Un problème quand on me traite comme une enfant parce que j’ai choisi de changer d’itinéraire et de prendre le bus au lieu du traditionnel train. Le bus est moitié moins cher en cette période de vacances scolaires et met à peine 30 minutes de plus que le train.

Toutes les fois où je suis allée les voir et qu’ils sont venus me chercher à la gare, je regarde toujours autour de moi et j’envie les retrouvailles des autres. Parfois ça me fait pleurer. Ca court sur le quai, ça lâche les valises pour se jeter dans les bras, ça s’embrasse, ça s’étreint… Et tout au bout du quai, bien à l’écart de la foule, cachés derrière les guichets automatiques : mes grands-parents. Mes grands-parents qui rapetissent un peu plus à chaque fois. Je ne sais pas si c’est la vieillesse ou la distance qu’ils mettent entre eux et moi. Avec le bus, ils vont devoir se trouver une autre planque.

C’est peut-être moi qui ait un problème quand on me fait culpabiliser parce que j’ai choisi d’aller les voir que 5/6 jours sur les 10 que j’ai devant moi. Je passe pour la mauvaise fille égoïste qui ose prendre les 4/5 jours qu’il lui reste pour elle. Enfin presque car j’ai prévu de passer mon scanner pour mes sinus et me faire une sortie avec mon frère pendant ces derniers jours de vacances. Je pensais être juste en partageant mon temps équitablement mais tout ce que je peux faire ne sera jamais suffisant. Ca finira bien par rentrer un jour !

Je vais quand même prendre du temps pour moi. J’ai décidé de ne plus aller au CMP, de reprendre ma vie en mains sans parachute. Je vais commencer mes vacances avec une heure de conduite. J’ai finalement pris mon courage à deux mains pour tenter la dernière chance. J’ai terriblement peur mais je le regretterai pour toujours si je ne fais rien.

La lumière d’octobre est toujours la plus belle de l’année. C’est aussi celle que je redoute le plus… Cette année, mon coeur est encore en jeu. Depuis plusieurs années, elle est associée à la perte symbolique ou réelle de quelque chose ou quelqu’un… Mon premier job, 31 octobre 2011… Le 27 octobre 2012, ma cousine, ma Nana, le membre de ma famille qui m’aimait d’amour en dépit de tout, de ce que j’étais incapable de lui rendre, de sa douleur et de la distance est partie comme un ange… Le 31 octobre 2016, j’ai regardé ma chienne, ma meilleure amie s’éteindre… Il m’arrive encore de regarder si elle n’est pas derrière moi quand je recule une chaise ou d’attendre le bruit de ses petites griffes dans le couloir. Quand je vois le ciel des soirs d’octobre, elles ne sont jamais loin. Belles.

]]>
2017-10-21T13:00:35+02:00
http://lou.journalintime.com/L-amie-effilochee L'amie effilochée De retour de ma séance de sport ce matin, je me suis rappelée un peu tardivement qu'aujourd'hui est l'anniversaire d'une des rares amies que j'ai eue. On s'est rencontrées via Skyblog il y a vingt mille ans de ça grâce à une passion commune ("Harry Potter", anyone?). Au fil des années, je suis la première à m'être essoufflée en me rendant compte que sa vie se calquait entièrement sur la mienne. Nous partagions tout et je ne saurais dire à quel moment ça m'a exaspéré, où j'ai estimé que c'en était trop, qu'elle était en trop. Je voulais faire mes choix pour moi sans être De retour de ma séance de sport ce matin, je me suis rappelée un peu tardivement qu’aujourd’hui est l’anniversaire d’une des rares amies que j’ai eue. On s’est rencontrées via Skyblog il y a vingt mille ans de ça grâce à une passion commune ("Harry Potter", anyone?).

Au fil des années, je suis la première à m’être essoufflée en me rendant compte que sa vie se calquait entièrement sur la mienne. Nous partagions tout et je ne saurais dire à quel moment ça m’a exaspéré, où j’ai estimé que c’en était trop, qu’elle était en trop. Je voulais faire mes choix pour moi sans être influencée par son opinion. C’est comme si je ne pouvais plus, soudainement, avoir de l’inspiration pour nous deux. J’avais envie de vivre égoïstement, de me lancer dans des projets et de les suivre sans avoir cette ombre de moi-même pour compagnie. Je voulais avoir mes trucs, de nouvelles passions, trouver mes centres d’intérêt mais elle finissait par percer mon jardin secret quitte à en forcer la serrure.

Cet excès de relation devenait nocif et je me suis volontairement détachée. J’ai organisé mon grand voyage en solitaire. Je lui ai caché ma proposition de logement le plus tard possible. Je devais emménager à mon retour de Nouvelle-Zélande mais elle a dû se sentir "en retard" sur quelque chose et s’est engagée dans un projet immobilier avant mon retour. Elle ne m’a jamais invité chez elle et je n’ai jamais cherché à y aller. Je n’ai même pas son adresse. Je pense que c’est sa façon à elle de se venger. Ca me rend triste pour elle parce que ça ne m’a jamais rien fait.

Aujourd’hui, c’est à son tour de passer le cap de la trentaine. Je lui ai envoyé un message pour lui transmettre mes voeux. Elle ne m’a même pas dit merci. Elle s’est juste plaint en me disant ce qu’elle n’ose pas dire aux intéressés. L’amertume qu’elle ressent en ce jour où elle aimerait être entourée, être surprise. Elle dit que les gens s’inquiètent et prennent de ses nouvelles que quand elle montre qu’elle va mal. Quand je demande de ses nouvelles, elle répond rarement avant 2 jours. Sa famille l’a invité hier soir à diner mais ça ne lui suffit pas. Ses nouvelles copines toutes très affairées et son mec du moment dépressif n’ont pas eu l’idée de lui organiser quelque chose. Elle voulait des paillettes pour ses 30 ans… Des paillettes et l’ivresse de ses derniers jours.

Je me suis souvenue de mon propre anniversaire et de ses derniers messages. Elle, elle pense à moi que lorsqu’elle panique. Ce n’est pas pour prendre de mes nouvelles mais parce qu’elle a besoin d’être victimisée et d’être engueulée. Depuis le début de l’année, j’ai eu le droit à trois messages pour suspicions de grossesse et un après son bad-trip dans une piscine moussante lors de la nuit blanche la semaine dernière.

Prendre la pilule - se protéger globalement - n’a jamais été sa priorité. Un jour, elle en fera les frais et tous les SMS du monde ne suffiront pas à changer la donne. Elle pourrait tomber gravement malade à force de changer de partenaires. Et elle pourrait effectivement tomber enceinte. Je sais qu’elle aimerait avoir un bébé mais elle n’a pour le moment pas les moyens de subvenir à ses besoins - d’où ce mélange de joie et d’angoisse quand elle pense l’être. J’ai l’impression qu’en prenant tous ces risques, elle cherche à provoquer le destin sans réfléchir aux conséquences.

Elle a tellement changé que je n’arrive plus à passer du bon temps avec elle. La dernière fois qu’elle est passée à la maison, elle avait apporté des bières qu’elle a bu seule… On ne s’était pas vues depuis longtemps et nous avons parlé de nos vies jusque tard. Je ne me sentais plus du tout en phase avec ses idées arrêtées et saoules, cette façon légère et cruelle dont elle se permettait de juger ma vie. Comme si la sienne était meilleure, comme si elle était un exemple à suivre.

Mais regarde-toi bien en face. Bon anniversaire quand même.

]]>
2017-10-15T17:17:00+02:00
http://lou.journalintime.com/Quand-la-victime-devient-bourreau Quand la victime devient bourreau Je ne me trompais pas. Derrière toute sa fragilité et la crise de larmes se cachaient un petit démon. Avec les cornes et la fourche. Le retour du couperet a été violent. Une belle surprise m'attendait en ouvrant ma boite mail : la jeune de mon dernier écrit a pris le temps de répondre. Elle refuse la rupture - ce qui est totalement dans son droit et je ne le discuterai pas. La connaissant, je doute fortement que ça soit de sa prose : les mots sont soigneusement choisis et particulièrement accusateurs. Il y avait de la haine dans ses propos. J'en ai reçu un deuxième dans la Je ne me trompais pas. Derrière toute sa fragilité et la crise de larmes se cachaient un petit démon. Avec les cornes et la fourche.

Le retour du couperet a été violent. Une belle surprise m’attendait en ouvrant ma boite mail : la jeune de mon dernier écrit a pris le temps de répondre. Elle refuse la rupture - ce qui est totalement dans son droit et je ne le discuterai pas.

La connaissant, je doute fortement que ça soit de sa prose : les mots sont soigneusement choisis et particulièrement accusateurs. Il y avait de la haine dans ses propos. J’en ai reçu un deuxième dans la journée, beaucoup plus agressif, impertinent et surtout faux. Malheureusement en mettant la planète entière en copie, elle s’est tournée en ridicule.

Elle est prête à rester en sachant qu’avec des messages comme ceux qu’elle a envoyés, on ne lui fera plus jamais confiance. Ce genre d’attitude me dégoûte. J’en regretterais presque les longues minutes de consolation que je lui ai consacrées. C’est fou de voir les risques que les gens sont prêts à prendre quand ils estiment qu’ils n’ont plus rien à perdre. Je n’arriverai jamais à me faire à l’idée qu’on puisse me cracher au visage alors que j’étais la première à y croire et à vouloir donner sa chance à quelqu’un. Les gens n’ont aucun respect, aucune reconnaissance.

Elle doit reprendre le travail dès lundi matin. Elle qui avait honte de retourner dans le bureau et d’avoir à passer devant ses collègues pour reprendre ses affaires. Comme si sa rupture de contrat allait être annoncée dans les couloirs avec un gigaphome et qu’on l’attendait avec un caisson de tomates. Elle va devoir assumer son retour et justifier son temps de présence. Il n’y aura toujours pas de lancer de tomates mais elle aura de sérieuses raisons d’avoir honte cette fois-ci. Mon accueil sera beaucoup moins empathique.

]]>
2017-10-14T14:24:00+02:00
http://lou.journalintime.com/Qu-on-lui-tranche-la-tete Qu'on lui tranche la tête Pour la première fois depuis que je suis dans cette entreprise, j'ai participé à un entretien pour rompre le contrat d'une alternante que j'ai recrutée l'année dernière. J'ai déjà eu l'occasion de préparer des documents de rupture de contrat mais toujours à l'initiative de l'étudiant ou du salarié. Cette fois-ci, c'est le manager qui a souhaité mettre fin à cette collaboration et il m'a demandé de l'assister dans sa démarche. Je suis novice en la matière et cette nouveauté n'a vraiment rien de plaisant. Jusqu'à ce jour, je me suis toujours enthousiasmée à l'idée de Pour la première fois depuis que je suis dans cette entreprise, j’ai participé à un entretien pour rompre le contrat d’une alternante que j’ai recrutée l’année dernière. J’ai déjà eu l’occasion de préparer des documents de rupture de contrat mais toujours à l’initiative de l’étudiant ou du salarié. Cette fois-ci, c’est le manager qui a souhaité mettre fin à cette collaboration et il m’a demandé de l’assister dans sa démarche.

Je suis novice en la matière et cette nouveauté n’a vraiment rien de plaisant. Jusqu’à ce jour, je me suis toujours enthousiasmée à l’idée de donner sa chance à un jeune, d’aller sur le terrain pour découvrir tous ces profils. C’est vraiment la partie de l’expérience la plus enrichissante. Fatigante mais tellement pleine de vie !

Les études supérieures coutent très chères et ne sont pas accessibles à tous quoiqu’on en dise. Quand ils auront fini leurs études, ces jeunes auront un diplôme bien plus élevé que le mien et gagneront le triple de mon salaire annuel. Mais j’adore les voir évoluer, réussir, passer en CDI ou partir pour de nouvelles aventures vers des postes surdimensionnés…

Et quand ça ne marche pas ? J’avoue ne jamais y avoir pensé avant aujourd’hui. C’est aussi dur à entendre qu’à dire. Lui retirer cette opportunité, c’est lui couper les vivres et toutes ses chances de réussir son année. J’ai passé la journée à me répéter qu’à 14:00 je devrais lui couper la tête comme un bourreau. J’ai détesté ce que j’ai fait jusqu’au moindre mot.

Elle a été très courageuse. Elle n’a pas eu le temps de se préparer. Elle a dû encaisser la nouvelle avec beaucoup de retenue et puis inévitablement les larmes ont commencé à couler. On l’a laissé un moment et je suis revenue seule. J’avais besoin de la réconforter. Je me suis demandée ce que j’aurais aimé entendre si j’avais été à sa place. Je ne sais pas si c’est elle ou moi que j’essayais de confondre et de convaincre dans ces belles paroles. Elle s’est recomposée un visage et je l’ai invité à rentrer chez elle.

A l’heure qu’il est, elle doit être en train de soigner sa déception. Ou peut-être en train de nous maudire.

Je suis vidée. Quelle journée de merde !

]]>
2017-10-10T20:30:45+02:00
http://lou.journalintime.com/Lettre-au-destin Permis d'aimer Je suis retournée à l'auto-école lundi dernier. J'avais cette idée en tête de faire d'une pierre deux coups. C'est-à-dire reprendre un cours de conduite avant de rendre visite à mes grands-parents et avoir une conversation avec Fr&d. J'avais le coeur qui battait à la chamade mais j'étais déterminée. Papi s'est fait une entorse aggravée et mamie a une "épine" dans le pied. Ils ne sont pas très en forme et je pensais prendre le volant pour les aider au maximum pendant mon séjour. Je n'ai pas conduit depuis des mois. Depuis que j'ai dû rendre ma voiture à cause du prix Je suis retournée à l’auto-école lundi dernier. J’avais cette idée en tête de faire d’une pierre deux coups. C’est-à-dire reprendre un cours de conduite avant de rendre visite à mes grands-parents et avoir une conversation avec Fr&d. J’avais le coeur qui battait à la chamade mais j’étais déterminée.

Papi s’est fait une entorse aggravée et mamie a une "épine" dans le pied. Ils ne sont pas très en forme et je pensais prendre le volant pour les aider au maximum pendant mon séjour. Je n’ai pas conduit depuis des mois. Depuis que j’ai dû rendre ma voiture à cause du prix exorbitant de l’assurance. J’ai tellement peu aimé conduire seule que j’ai peur d’avoir tout oublié.

Je n’ai pas vu ni parlé à Fr&d depuis le mois de mai mais je continue de penser aux moments qu’il m’a fait vivre, aux choses qu’il m’a dites. C’est aussi une façon d’avouer que je continue de penser à lui. J’y pense tellement fort qu’il m’arrive d’en souffrir et je ne suis pas sûre de le mériter. Ma détermination est partie de là : je crois qu’il est temps pour moi de passer à autre chose. D’une façon ou d’une autre, avec ou sans lui, mais il faut que je sois fixée.

J’aurais pu lui proposer de rester en contact la dernière fois que nous nous sommes vus. Ca aurait été la chose la plus évidente et naturelle à faire. Je n’ai pas osé pour plusieurs raisons. Je ne savais pas si j’aurais mon permis. Si je ne l’avais pas eu, j’aurais repris des cours, je l’aurais revu ; si je l’avais, je m’étais fait la promesse de lui écrire. Tant que j’étais une élève, je n’aurais pas pris le risque de lui nuire en devenant autre chose. Je ne suis pas mineure mais je ne sais pas ce qu’il peut arriver dans ces cas-là. Et puis nous parlions tellement que je connaissais son état d’esprit et ce qu’il traversait dans sa vie privée. Il souffrait beaucoup… J’avais l’impression que ma présence et mon écoute l’apaisaient un peu.

J’ai eu mon permis. J’étais tellement contente ! Et d’un autre côté, cela signifiait que je n’aurais plus à reprendre de cours, que je n’aurais plus de prétexte de le revoir. J’ai tenu la promesse que je m’étais faite : je lui ai écrit. Je lui ai écrit mais pas sur n’importe quel papier. Depuis le début de l’année, alors qu’on commençait à faire connaissance, je gardais dans mon sac un document qui m’apportait du réconfort et me redonnait de la force dans les moments de doute. J’ai écrit quelques mots dessus. Pour lui dire merci et que si il le souhaitait nous pouvions rester amis.

J’y suis allée un soir après mon rendez-vous au psychologue. Je suis passée par une route familière et grisante. Dans le genre ligne droite désertique avec la radio qui hurlait du Ed Sheeran et sa Galway Girl. Je pensais à l’enveloppe dans mon coffre. Je l’ai glissé sous la porte vitrée…

J’ai littéralement remis cette lettre dans les mains du destin… Je ne sais pas si il l’a reçu. Je ne savais pas à quelle heure il commençait le lendemain. Si il était le premier, il tomberait forcément dessus. Si il commençait plus tard, j’espérais que ses collègues déposeraient la lettre sur le bureau de la secrétaire et qu’elle lui remettrait plus tard. Il y avait juste son nom dessus, sans fioriture. Je ne voulais pas attirer l’attention.

Je suis restée plusieurs jours dans l’incertitude. J’espérais qu’il répondrait, qu’il ne me laisserait pas dans le flou même pour me dire non (ce que j’aurais accepté). Je suis passée par plusieurs phases. Ma première idée était qu’il n’avait pas eu la lettre tout simplement. Qu’au lieu de la lui donner, elle avait été mise à la poubelle par qui l’avait trouvée là. Ma seconde idée était qu’il l’avait bien eu mais qu’il trouvait ma démarche méprisante et puérile. J’aurais été qu’une bonne poire bien essorée pendant tous ces mois. Ses confidences, ses larmes, son enfance, son présent ? Du vent ! Mais au final je peux m’imaginer ce que je veux : je ne connais pas la vérité.

J’étais déterminée lundi pour toutes ces raisons. Parce que j’avais aussi besoin de laisser ce temps pour qu’il remette de l’ordre dans sa vie. Je savais qu’il arriverait un moment où il devrait trouver le courage de commencer à faire des choix.

La secrétaire a changé. Quand j’y repense, c’est une bonne chose qu’elle ne me connaisse pas. J’ai demandé si il serait possible de prendre des cours de perfectionnement ? - oui - avec Fr&d ?. Non. J’ai essayé de garder un air dégagé mais quelque chose (je ne sais pas quoi encore) a résonné en moi. Elle m’a appris qu’il était parti depuis 3 semaines et qu’il allait travaillé avec un de ses amis qui se met à son compte. Pour ne pas éveiller de soupçon, j’ai pris également des nouvelles des autres. Chose à quoi elle m’a indiqué : "Eh bien, sa copine S@r@h est toujours là"

Sa copine S@r@h. Que j’ai vu, croisé et eu seulement deux fois.

Il m’a tellement parlé d’elle sans jamais me dire qu’elle était aussi sa collègue. Ce prénom est très répandu et ils sont si foncièrement différents que je ne me suis même pas demandée si ça pouvait être elle. Elle que je trouvais relativement froide/fermée par moment. Je ne me souviens pas de l’avoir vu sourire. Elle m’avait confié une fois qu’elle avait été "grosse comme moi" avant et qu’elle avait fait beaucoup de sacrifices pour être "un sac d’os" aujourd’hui.

Mon esprit a fait subitement des milliers de liens avec tout ce qu’il m’a dit, tout ce qu’elle lui faisait subir, tout ce qu’elle a fait et qu’elle continuait de faire. Il la qualifiait de perverse narcissique.

A titre personnel, en connaissance de ce qu’elle était capable de lui faire, je me suis juste demandée si elle n’avait pas influencé l’inspecteur le jour de mon premier passage de permis puisque c’est elle qui m’a accompagnée. Elle s’est entretenue longuement avec lui avant le début de l’examen. J’ai échoué sans comprendre mes fautes même après coup, même maintenant que je l’ai. Et je savais que je ne l’aurais pas : avant même de monter dans la voiture, l’inspecteur me faisait déjà des remarques.

Et ces deux fois où il a changé d’élève à la dernière minute en me faisant comprendre qu’il aurait préféré rester avec moi ; cette première fois où j’étais avec elle, qu’on l’a croisé et qu’elle est restée de marbre à son sourire, à son salut (je ne savais pas si c’était pour moi ou elle alors je n’ai pas bougé) ; cette deuxième fois où en faisant mes contrôles je me suis rendue compte qu’elle nous suivait… et d’autres choses moins significatives (et moins flippantes). Quant à ma lettre, la probabilité qu’il n’en ait jamais vu la couleur se précise.

Je ne sais pas dans quelles circonstances il a pris cette décision mais il a fait le choix de quitter le lieu de travail qu’ils partageaient. Je n’ai probablement pas le droit de me poser ces questions mais je me les pose quand même parce que je veux qu’il soit bien dans sa vie. Le dernier jour où l’on s’est vus, il m’a dit (et ça fait partie des choses que je n’avais jamais entendu avant dans ma vie) : "Dis-moi, je veux que tu sois bien." C’est pareil pour moi.

Est-ce que cette décision a été prise à deux, pour essayer de sauver ce qu’il reste ? Est-ce elle qui l’a poussé ou chassé après une énième humiliation ? Est-ce lui qui a voulu s’éloigner ? Il m’avait dit qu’il gagnait mieux sa vie qu’elle (et qu’elle avait fait plus de 4000 euros de caprices en 2016) : pourquoi n’est-ce pas elle qui a quitté son poste si elle est la source de rentrée financière la moins conséquente ? Ca aurait été le moins risqué.

Selon mes "calculs" (sagement appris grâce à mon travail), sa démission aurait été déposée très peu de temps après l’obtention de mon permis. J’espère de tout mon coeur que je n’ai pas fait une bêtise.

Il y a des années de ça, j’ai brisé le coeur d’une S@r@h, la première et dernière personne qui m’ait fait une déclaration d’amour en alignant ces cinq mots : "Je suis amoureuse de toi". Quand j’y repense aujourd’hui, c’est peut-être le juste retour des choses : une S@r@h qui brise le mien… et celui de celui qui l’aime.

Mon Dieu, j’avais tellement besoin d’écrire tout ça.

]]>
2017-10-07T21:31:00+02:00
http://lou.journalintime.com/Deux-fois-de-trop Deux fois de trop Depuis que ce nouveau collègue est arrivé, je me suis retrouvée deux fois totalement seule avec lui dans le bureau. Ce sont deux moments qui ont été vraiment très pénibles à supporter. La première fois, il s'est levé sans un mot, s'est faufilé derrière moi pendant que je travaillais. J'étais très concentrée et je ne lui ai vraiment pas prêté attention. Pourquoi le ferais-je ? Chacun fait ce qu'il veut et est libre de ses mouvements dans ce service. Je pensais qu'il allait simplement récupérer quelque chose dans une des armoires et, tout d'un coup, je me suis sentie sale. Depuis que ce nouveau collègue est arrivé, je me suis retrouvée deux fois totalement seule avec lui dans le bureau. Ce sont deux moments qui ont été vraiment très pénibles à supporter.

La première fois, il s’est levé sans un mot, s’est faufilé derrière moi pendant que je travaillais. J’étais très concentrée et je ne lui ai vraiment pas prêté attention. Pourquoi le ferais-je ? Chacun fait ce qu’il veut et est libre de ses mouvements dans ce service. Je pensais qu’il allait simplement récupérer quelque chose dans une des armoires et, tout d’un coup, je me suis sentie sale.

J’ai sursauté et je me suis tournée. Il était là, assis à la place de ma collègue en congés. Son siège était tourné vers moi et il me regardait. Ou plutôt, il m'observait dans une position à la limite du suggestif. J’ai été très agressive : "qu’est-ce que tu fais là ? Ne me regarde pas comme ça, ça me gêne !"

Il m’a dit que j’étais tellement concentrée qu’il n’avait pas osé m’interrompre. Il voulait me poser une question sur un sujet totalement lambda que j’ai pris immédiatement pour un prétexte bidon. L’experte en la matière était en pause. Il aurait suffit soit de me poser la question depuis son poste (juste en face du mien), soit d’attendre sagement qu’elle revienne. Mais combien de temps est-il resté comme ça, ce malade ?

Quand il s’est relevé, il a mis sa main sur mon épaule en faisant ce qui pourrait s’apparenter à une "caresse" de réconfort en me disant : "Je suis sûr que tu vas tous nous surprendre et que tu feras de grandes choses un jour." De quel droit pose-t-il sa main sur moi ? Et qui est-il pour juger aussi petitement ce que je fais aujourd’hui. Qu’est-ce que ça veut dire ?

La seule chose qui va te surprendre de ma part, c’est la claque dans la gueule que tu vas te prendre incessamment sous peu !

La deuxième fois, il est revenu s’installer au même endroit et dans la même position malgré ma première réaction. Je suis restée très vigilante. Je gardais un oeil sur lui. Je ressentais le même malaise se reproduire. Il a entamé sur un sujet professionnel qui me concerne directement en me demandant ce que j’en pensais. En quoi ce que je pense le regarde ? Qu’il se mêle de ses affaires !

Il nous avait demandé un peu plus tôt dans la semaine quels étaient nos fruits préférés. De tous les choix possibles, il a fallu qu’il prenne les miens. Il m’a dit qu’il avait acheté des framboises et que la moitié me revenait de droit. J’en n’ai pas mangé une seule. Plutôt crever ! Il m’a aussi récité un poème "philosophique" qui lui faisait penser à moi… Il me l’a dit en ajoutant : "c’est beau, hein ?" Non, ce n’était pas beau. C’était pathétique. Profondément pathétique et grossier.

Quand il s’est relevé, son badge d’accès a dû tomber de sa poche et ma collègue l’a trouvé à son retour. Elle est au courant de mes mauvaises impressions et de cette méfiance constante que m’inspirent ce collègue. Du coup, en voyant son pass, elle a très vite compris qu’il avait recommencé. Elle a dû repartir en réunion mais elle a pris son portable avec elle : si j’ai un problème, je peux appeler au secours.

En rentrant à la maison, j’ai regardé comment j’étais habillée. Je ne portais rien de particulier qui invitait à ce genre d’attitude. Je suis grosse et peu maquillée. Mes vêtements sont tout ce qu’il y a de plus classique. Je n’ai rien d’une provocatrice et je ne sais pas séduire. Même si je le savais, ça ne serait pas à son attention. Je ne comprends pas ce qu’il fait ni pour quoi il le fait.

Je suis allée voir notre chef au retour du déjeuner aujourd’hui. Je n’ai plus réfléchi à ce qui se faisait ou non. J’avais besoin de lui en parler, d’éveiller en elle ce point de vigilance. Parce que je ne veux pas fuir ni le laisser nourrir une forme de crainte à chaque fois que je peux me retrouver seule avec lui. Je pense notamment à ce déplacement professionnel que nous allons devoir faire en binôme au mois de janvier. Je veux me sentir en sécurité.

Je sais bien que je suis cataloguée comme la "fragile" du service, celle qui s’emballe pour rien… Je veux être prise au sérieux même si je n’ai pas de témoins sur qui m’appuyer (et ça doit l’arranger sans doute). Ma chef n’était pas surprise. Je ne sais pas si elle me croit. Je sais juste qu’elle me connait mieux que lui. J’espère qu’elle m’accordera sa confiance et sa protection sans mettre ma parole en doute ou contre la sienne.

]]>
2017-10-06T20:27:00+02:00
http://lou.journalintime.com/11-livres 11 livres J'ai jeté on dévolu sur 11 livres. J'aurais dû y penser l'autre jour en rencontrant la thérapeute. Dans la colonne "joie", je peux inscrire en gros : acheter des livres. Broché ou pocket, pavé ou livret, je les aime tous ! Et quand ils sont très bons, j'aime quand ils sont écrits en tout petit. Je suis sensible aux titres et aux couleurs de la première de couverture, à la drague de la quatrième. J'aime quand leurs reliures craquent, l'odeur des pages... J'aime les avoir près de moi. Je fais attention à mes dépenses mais dès que j'en viens à passer du temps à la Fnac, J’ai jeté on dévolu sur 11 livres. J’aurais dû y penser l’autre jour en rencontrant la thérapeute. Dans la colonne "joie", je peux inscrire en gros : acheter des livres. Broché ou pocket, pavé ou livret, je les aime tous ! Et quand ils sont très bons, j’aime quand ils sont écrits en tout petit.

Je suis sensible aux titres et aux couleurs de la première de couverture, à la drague de la quatrième. J’aime quand leurs reliures craquent, l’odeur des pages… J’aime les avoir près de moi.

Je fais attention à mes dépenses mais dès que j’en viens à passer du temps à la Fnac, j’empile jusqu’à plus de bras. Je pense à toutes ces heures d’évasion qui m’attendent, à ces histoires dans lesquelles je vais me balader et à tous les personnages que je vais rencontrer…

L’idée de ne pas avoir assez d’une vie pour lire tout ce qu’il y a à lire me donne un tel appétit ! Il est possible que j’y laisse mes yeux. J’aime la vie en livre.

]]>
2017-10-03T19:57:00+02:00
http://lou.journalintime.com/Nouvelle-psychologue Nouvelle psychologue Je ne crois pas l'avoir écrit quelque part mais j'ai finalement eu mon premier rendez-vous avec la personne qui remplace mon ancien psychologue du CMP. C'est une femme qui sonne un peu froide au téléphone et que j'ai rencontré hier matin. Difficile de céder la confiance que j'ai mise en une personne qui a suivie ma vie depuis deux ans à une parfaite inconnue. C'était surtout une prise de contact pour essayer de lever un peu ma méfiance naturelle et éventuellement envisager une suite dans le travail parcouru à ce jour. Je n'ai pas les idées très claires pour le moment. Elle m'a Je ne crois pas l’avoir écrit quelque part mais j’ai finalement eu mon premier rendez-vous avec la personne qui remplace mon ancien psychologue du CMP. C’est une femme qui sonne un peu froide au téléphone et que j’ai rencontré hier matin.

Difficile de céder la confiance que j’ai mise en une personne qui a suivie ma vie depuis deux ans à une parfaite inconnue. C’était surtout une prise de contact pour essayer de lever un peu ma méfiance naturelle et éventuellement envisager une suite dans le travail parcouru à ce jour.

Je n’ai pas les idées très claires pour le moment. Elle m’a proposé plusieurs solutions, des "formules". Elle n’est pas que psychologue elle est également thérapeute comportementaliste. J’avais pour habitude de venir me livrer, de vider mon sac une fois toutes les deux semaines ; elle me propose d’associer ce relâchement à un traitement plus en profondeur en terme d’analyses émotionnelles.

Je n’y connais rien alors je suis prête à essayer et à arrêter si ça ne me convient pas. J’ai envie de me donner une chance d’explorer et de comprendre ce qui déclenche ces vagues de tristesse. Quand je suis prise dans cet engrenage, ce sont toutes mes idées noires qui s’empilent, qui remontent et tournoient. Il doit bien avoir un moyen, des parades pour les affronter jusqu’à ce qu’elles s’amoindrissent…

Je lui ai donné quelques pistes sur lesquelles j’aimerais progresser, des mots qui me venaient spontanément en référence à ce qui me procure de la joie et à la tristesse. J’ai aussitôt repensé à cette odeur si particulière, si caractéristique, qui déboule par effluve sans que je puisse définir d’où elle vient et qui passe vraiment par ce double-tranchant. Elle m’a demandé si je pensais être prise de délire. Je ne m’étais jamais posée la question…

Elle m’a alors expliqué que l’organisme fourmillait de mémoires sensorielles et que, comme il nous arrive de détecter notre trousseau de clés au fond du sac à l’aveuglette, il doit y avoir un élément déclencheur qui ravive cette odeur même quand celle-ci n’est pas physiquement proche de moi. Je pensais avoir un nouveau problème mais ce n’est que la nature qui est plus forte que moi. C’est lui qui a été plus fort que moi et qui s’y est inscrit.

Elle m’a parlé d’exercices de méditation et de respiration à faire sur place et à la maison. Elle a également évoqué des groupes de paroles avec des thématiques notamment la prise de confiance en soi : des tuyaux sur ce qu’il faudrait dire et faire dans certaines situations où on laisse la priorité aux besoins/envies des autres jusqu’à totalement s’effacer. Ces autres qui parfois nous connaissent, jouissent de cette supériorité et savent qu’on ne leur dira jamais non. J’aimerais apprendre tout ça. Je suis sûre que ça m’aiderait beaucoup dans toutes sorties de situations.

]]>
2017-09-30T15:28:00+02:00
http://lou.journalintime.com/Penser-passe-et-futur Penser passé et futur Mon arrêt de travail m'isole dans la solitude à laquelle je tente d'échapper en allant au boulot. Je me retrouve face à moi-même. Je vais un peu mieux. Les médicaments sont vraiment efficaces. Je viens de passer la barre des 24 heures sans poussée de fièvre. Je sens l'air passé à nouveau dans mes poumons. Respirer redevient peu à peu normal et sans douleur. Et il fait beau. Le soleil est si doux. Je le laisse rentrer dans la maison et me rendre un peu de (bonne) chaleur. Toutes les conditions sont réunies pour que je puisse me reposer mais je n'ai réussi à dormir que quelques Mon arrêt de travail m’isole dans la solitude à laquelle je tente d’échapper en allant au boulot. Je me retrouve face à moi-même. Je vais un peu mieux. Les médicaments sont vraiment efficaces. Je viens de passer la barre des 24 heures sans poussée de fièvre. Je sens l’air passé à nouveau dans mes poumons. Respirer redevient peu à peu normal et sans douleur. Et il fait beau. Le soleil est si doux. Je le laisse rentrer dans la maison et me rendre un peu de (bonne) chaleur.

Toutes les conditions sont réunies pour que je puisse me reposer mais je n’ai réussi à dormir que quelques heures cette nuit. Même avec l’excès de fatigue mon organisme lutte contre le sommeil qui lui ferait tant de bien. J’ai envie de lui dire : "qu’est-ce qu’il te faut de plus ?!"

Et mon esprit délire ou dérive sans jamais s’arrêter au présent. Au présent qui ne m’intéresse que moyennement. Je suis malade : je me soigne mais je ne suis pas assez en forme pour aller me dépenser au sport. J’espérais y retourner demain mais l’énergie me fait défaut. Voilà tout.

Toujours vers le passé...
Entre 10 et 4 mois en arrière. Il me manque tellement. Tellement. Je suis heureuse et reconnaissante de l’avoir rencontré et tellement malheureuse qu’il ne fasse plus partie de ma vie. Je ne devrais même pas penser à lui, à toutes ces choses inconnues qu’il m’a dites, toutes ces émotions neuves et un peu effrayantes qu’il m’a fait ressentir. Peut-être qu’il n’y avait rien de vrai dans ces moments de partage, que la bulle qu’il a soufflée à l’intérieur de moi était aussi fragile que nous deux. J’aurais dû essuyer tes larmes, te tenir la main, te dire que tout s’arrangerait d’une façon ou d’une autre. Et que je t’appréciais moi aussi. Toi et toutes tes attentions.
Tout serait plus clair si il avait répondu à mon message… Je serais fixée.

Toujours vers le futur...
Et des vacances que je n’arrive pas à arrêter. Comme si le temps n’était pas réel, pas concret. Parce que 8 jours de repos étalés sur un an et demi me fait aussi comprendre pourquoi je suis si fatiguée. Il me reste 14 jours de congés à poser et j’essaie de visualiser ce que sera ma vie d’ici le 31 mai 2018. Il y a 99% de chance que ma vie soit aussi routinière et dépeuplée qu’aujourd’hui. Le monde est si vaste. Il y a tant à voir et même à revoir. Plus ou moins loin. Je suis partagée entre les jolis coins perdus de France et une soif d’exotisme et de farniente. Je ne suis jamais vraiment allée à la montagne. Je ne suis jamais allée faire du ski. Je ne suis pas allée à l’étranger depuis la Nouvelle-Zélande en 2015. J’ai la quasi-certitude d’y retourner d’ici un an pour voir tout ce que je n’ai pas pu faire la première fois et descendre dans l’île du Sud. Peut-être le faire en road-trip. J’ai su que j’y retournerai et j’avais souhaité si fort y revenir pour partager ce beau voyage avec quelqu’un d’autre. Partir seule à l’autre bout du monde est une telle aventure ! Je n’ai jamais considéré voyager autrement. Ca serait une surprise inattendue.

]]>
2017-09-23T19:30:00+02:00
http://lou.journalintime.com/Sinusite-aigue Sinusite aiguë Je suis officiellement malade. Je profite d'un moment de mieux pour me faire un thé (ou plutôt du miel au thé) et écrire un peu. J'ai beaucoup lutté ses derniers jours pour ne pas m'écouter mais je suis vaincue. Je crois qu'inconsciemment je m'oblige à mettre un rendez-vous ou un dossier important par jour dans mon planning de travail pour m'obliger à y aller au moins pour ça même si je ne passe pas de meilleure journée pour autant. Mes missions se résument aux tâches que les autres n'ont pas ou plus envie de faire. A croire que mon poste a été créé rien que pour ça. Et on Je suis officiellement malade. Je profite d’un moment de mieux pour me faire un thé (ou plutôt du miel au thé) et écrire un peu.

J’ai beaucoup lutté ses derniers jours pour ne pas m’écouter mais je suis vaincue. Je crois qu’inconsciemment je m’oblige à mettre un rendez-vous ou un dossier important par jour dans mon planning de travail pour m’obliger à y aller au moins pour ça même si je ne passe pas de meilleure journée pour autant.

Mes missions se résument aux tâches que les autres n’ont pas ou plus envie de faire. A croire que mon poste a été créé rien que pour ça. Et on me laisse entendre que je m’y prends pas comme il faudrait alors que je ne fais que reproduire ce qu’on m’a si gentiment délégué. J’occupe ce poste depuis plus d’un an et demi et toutes les phrases que j’entends continuent de commencer par : "tu devrais". Il y a toujours une personne pour me montrer que mes efforts, mon implication et ma façon de faire ne sont pas indispensables. Je devrais peut-être retourner à mon premier métier, à quelque chose d’acquis. J’aborderai le sujet lors de mon évaluation de milieu d’année.

Alors après cette nuit où le simple fait de respirer et d’avaler ma salive était très douloureux, j’ai renoncé à m’imposer au bureau. En plus de me sentir inférieure dans mon travail, j’aurais sans doute eu des remarques : ma mauvaise mine, ma voix éteinte, mes mouchoirs, mes microbes… J’ai même eu un commentaire sur la matière de mon pantalon de mardi. Un petit tour au médecin était la meilleure chose à faire pour aujourd’hui. Je suis arrêtée jusqu’à la semaine prochaine.

Le théâtre de ma ville m’a répondu que la pièce de théâtre que ma collègue voulait voir avec moi était complète. Quelque part, j’ai pris ça pour un signe. J’étais soulagée. Je n’aurai pas à jouer la comédie et elle n’aura pas à faire semblant d’être contente de passer du temps avec moi.

Notre nouveau collègue en est toujours au même point. Je ne sais pas l’expliquer de façon rationnelle mais il est bien trop poli pour être vrai. Il continue de venir travailler dans son costume de mariage. Il a un besoin maladif d’attention et tente systématiquement de s’introduire dans la conversation des autres pour faire vitrine de son intelligence. Un m’as-tu-vu en opération séduction.

Même à la question "quel est ton fromage préféré ?", il a trouvé le moyen de faire l’apologie du cheddar à cause de son éducation anglaise. Et moi j’aime le chocolat parce que mes ancêtres sont belges, c’est ça ? Il faut savoir qu’il nous a été présenté indien, qu’il m’a dit être d’origine malgache "comme moi" et britannique en équipe. Hello dude : quel genre de britannique demande de l’aide pour traduire trois phrases en anglais ? ! Je me demande de quelle origine il sera la semaine prochaine. Si il ne fait pas plus attention dans ses incohérences et son cruel manque de naturel, il risque de perdre toute crédibilité assez vite.

Hier je l’ai regardé faire les cent pas dans le bureau avec un énorme livre juridique à la main. Ses lèvres se mouvaient en prière silencieuse et il s’arrêtait de temps à autre, yeux clos et doigts sur l’arête du nez, totalement habité par sa lecture. J’ai failli exploser de rire tellement c’était ridicule !

Je n’ai sûrement pas le tiers de ses connaissances (même si je ne jurerais pas qu’elles soient véridiques à 100%) mais ce type n’est pas clair et je me méfie vraiment de lui. Et je crois qu’il le sent.

]]>
2017-09-21T16:42:00+02:00
http://lou.journalintime.com/Les-brouillons-ne-sont-pas-visibles-aux-lecteurs Les brouillons ne sont pas visibles aux lecteurs A l'heure où je relisais mon premier écrit de vendredi, mon frère m'appelait. Dans la journée, il m'avait envoyé un SMS pour me dire que notre mère lui avait trouvé un appartement. Je suis littéralement tombée des nues. Je comprends que son temps de trajet joue un rôle très important dans son organisation d'étudiant. Science de l'ingénieur. Rien que ce titre en jette. Quand mon frère nous avait dit qu'il se lançait dans cette branche, on était tous impressionnés par son ambition. En SI, la charge de travail est juste énorme. Il est bon scientifique mais il ne sait pas du A l’heure où je relisais mon premier écrit de vendredi, mon frère m’appelait. Dans la journée, il m’avait envoyé un SMS pour me dire que notre mère lui avait trouvé un appartement. Je suis littéralement tombée des nues.

Je comprends que son temps de trajet joue un rôle très important dans son organisation d’étudiant. Science de l’ingénieur. Rien que ce titre en jette. Quand mon frère nous avait dit qu’il se lançait dans cette branche, on était tous impressionnés par son ambition. En SI, la charge de travail est juste énorme. Il est bon scientifique mais il ne sait pas du tout gérer son temps ni ses priorités. C’est généralement aux autres de le faire. C’est aussi un gros dormeur ce qui par définition ne rime pas avec ponctualité.

Son année a commencé sur un coup de bluff. Il s’est présenté à son école trois jours avant la rentrée en prétendant qu’il avait été appelé pour s’y inscrire - ce qui était faux bien entendu mais il a voulu tenter le coup. Il disait qu’il n’avait rien à perdre. Mon frère a encore une fois prouvé qu’il savait manipuler à son avantage. D’un côté j’étais contente qu’il ait trouvé une école et de l’autre j’espérais qu’il n’avait pas pris la place d’un autre étudiant… Plus le temps passe et plus j’arrive à me convaincre qu’il faut mentir pour réussir sa vie. Mon frère l’a compris.

Maintenant qu’il est sur les rails, il se rend compte de la réalité de ses choix et du temps quasi-inexistant qu’il lui reste pour réviser et vivre. Je sais qu’il n’a rien demandé et que c’est ma mère qui est à l’origine de la démarche. Ma réaction est aussi vive que partagée.

Je suis inquiète. Comment mon frère va réussir à subvenir à ses besoins alors qu’il ne gagne pas sa vie ? Notre mère et son père (nous n’avons pas le même père) vont lui payer le loyer en attendant les APL mais qu’en est-il du reste des factures : l’eau, l’électricité, le gaz, les meubles, la nourriture ? Certes il sera à 15 minutes à pieds de son école mais à quel prix… Notre chienne ira temporairement chez ma mère. C’est la seule qui va vraiment y gagner au change : une immense maison et un grand jardin rien que pour elle !

Je suis aussi soulevée par une vieille idée un peu rouillée qui grince de temps à autre. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser que ma mère n’aurait jamais fait ça pour moi. Là, en 24 heures, le problème est réglé aux frais de la princesse.

Mes parents croient beaucoup plus en mon frère qu’en moi. Mon père m’a même déjà dit qu’il trouvait mon frère plus intelligent que moi - ce qui est peut-être vrai après tout. Mes grands-parents m’ont dit très récemment que oui, j’avais toujours été mise à l’écart. Ce sentiment de favoritisme n’est pas une invention de ma part : il m’a été formulé de vive voix à plusieurs reprises tout au long de ma vie. Oh, je sais que c’est trop tard pour moi, que je n’aurai jamais les mêmes intentions ni la même attention.

Je me demande ce qu’il aurait fallu que je fasse pour être traitée à égalité. Mes parents m’ont refusé les études que j’aurais aimé faire même si j’avais toutes les aptitudes pour briller. Est-ce que les parents font un premier enfant juste pour s’essayer et en font éventuellement un deuxième comme on se laisse une seconde chance ? Ma vie n’était qu’un coup d’essai, la feuille de brouillon où on jette des idées un peu floues. Mon père m’a dit que si c’était à refaire, il ne le referait pas. Et c’est aussi ce qui rend dur de prendre goût à cette vie qu’on m’a donné quand je sais d’où je viens.

Est-ce une si mauvaise chose au bout du compte ? C’est juste très fatiguant de se battre, de se présenter sans être "désolée d’exister". Aujourd’hui je sais que tout ce qui m’appartient a été obtenu à la sueur de mon front. Ce que j’ai, je ne le dois à personne. J’aime à croire que moi aussi j’ai de quoi être fière de mon parcours même si il est très différent de celui de mon frère, même si il est aux antipodes de ce qu’on attendait peut-être de moi.

]]>
2017-09-16T19:18:00+02:00
http://lou.journalintime.com/Le-baisemain Le baisemain Suite à cette journée la soirée était plutôt morose même si c'est toujours un soulagement de passer le seuil de l'appartement et de pouvoir changer de peau. Être soi-même sans avoir à rendre de compte ou maquiller ces sentiments. Je n'ai rien fait de spécial avant d'aller me coucher. Je me suis plongée dans mon livre pour oublier cette journée. Je suis assez déçue des livres dans lesquels j'ai investis depuis quelques mois. Je les trouve insipides, monocordes, plein d'illusions et de moralités. Plein de choses qui n'arrivent jamais ou bien qu'aux autres ou juste dans les Suite à cette journée la soirée était plutôt morose même si c’est toujours un soulagement de passer le seuil de l’appartement et de pouvoir changer de peau. Être soi-même sans avoir à rendre de compte ou maquiller ces sentiments.

Je n’ai rien fait de spécial avant d’aller me coucher. Je me suis plongée dans mon livre pour oublier cette journée. Je suis assez déçue des livres dans lesquels j’ai investis depuis quelques mois. Je les trouve insipides, monocordes, plein d’illusions et de moralités. Plein de choses qui n’arrivent jamais ou bien qu’aux autres ou juste dans les livres. Si vous avez des recommandations, je suis ouverte à toutes suggestions.

Au fil des pages, je raccroche mes petits wagons émotionnels aux péripéties de certains personnages et, au lieu de m’évader comme je le voudrais, je revis ces similitudes qui ont traversées dernièrement ma vie.

J’ai pleuré si fort. J’en ai prié mon départ de ce monde où je n’arrive pas à avoir ma place, où la vie et ces gens marchent à côté de moi sans me laisser leur prendre la main. Pour me montrer le chemin et me guider. Je voudrais aimer passionnément la vie comme j’aime tourner les pages d’un bon livre. A l’exception que j’ai la certitude que les livres sont faits pour moi.

Inévitablement, je pense à lui - ou plutôt à cette personne qui est en lui et qui a accompagné ce que j’ai vécu de plus grand et sincère à ce jour. Je croyais que son nom était inscrit dans mon histoire… Je me suis trompée. Je voudrais réussir à écrire ce que je ressens mais tout est si à vif…

Je me suis endormie comme ça. Pour une fois, j’ai passé la nuit sans me réveiller toutes les heures et je me suis levée naturellement. Je veux dire sans bruit parasite de réveil ou de dehors. Ma figure et mes paupières étaient gonflées. C’est étrange comme le chagrin peut fracturer l’âme jusqu’en déformer un visage.

Je suis allée faire du sport après le petit-déjeuner. Je m’étais dit que ça me ferait du bien de me défouler. A mi-parcours, il y a ce vieux monsieur que je vois de temps en temps qui est arrivé. Il doit avoir plus de 90 ans et marche lentement, courbé sur lui-même. Il continue de s’entretenir à son âge ce qui est respectable et courageux de sa part. Comme personne ne lui prête attention, je l’aide à s’installer sur les machines. Il me dit le poids qu’il souhaite et je garde un oeil sur lui.

Hier, il m’a fait un baisemain quand je lui ai dit bonjour. Je suis retournée à mon exercice, surprise par cette galanterie. Je me suis rappelée qu’il ne voit rien à un mètre et que je ne dois être qu’une voix pour lui mais c’est toujours plus que ce que je suis habituellement aux yeux des autres. J’ai enfoui ma tête dans ma serviette et mes larmes ont repris : ça faisait si longtemps qu’on n’avait pas été gentil avec moi.

]]>
2017-09-16T12:39:07+02:00